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Contraception masculine : quelles solutions aujourd’hui, quelles perspectives demain ?
Publié le 01/07/2026
L’onglet de l’Assurance Maladie sur ameli.fr concernant l’accès à la contraception pour les « jeunes de moins de 26 ans » ne s’adresse qu’aux jeunes… femmes. La charge de la contraception, soit les rendez-vous divers (médecin/sage-femme) annuels, puis le renouvellement de la pilule, la pose d’un implant, d’un stérilet, d’un diaphragme, etc., repose en très large majorité sur les épaules des femmes.
Car tout le monde ne souhaite pas procréer et, dans beaucoup de cas, pas n’importe quand, n’importe comment ou avec n’importe qui : les couples préfèrent avoir choisi l’arrivée d’un enfant, parce qu’un bébé est un tsunami dans la vie quotidienne, de jour comme de nuit, et ce pour, pour ainsi dire, une perpète (avec un Tanguy).
Qu’en est-il de la contraception masculine, capotes anglaises mises à part (elles sont françaises de l’autre côté de la Manche) ? Les capotes existent depuis la nuit des temps, ou presque, certes avec des résultats plus ou moins satisfaisants jadis. C’est sûr que, quand elles étaient en tissu, forcément… Maintenant, c’est fiable à 99,9 %.
Sans préservatif, que faire quand on est en couple et fidèle (sinon, il est préférable de retourner à la capote, qui protège des MST) ? Le coït interrompu ? Ou alors calculer son cycle, voire ne pas le calculer du tout : 3 chances sur 4 d’avoir une grossesse. La variante, le coitus reservatus, existe aussi. Elle consiste à retarder l’éjaculation. Là aussi, c’est la roulette russe si l’on ne veut pas procréer — une roulette avec cinq balles dans le chargeur.
Sinon, il existe la méthode thermique, qui consiste à augmenter la température des testicules, non pas pour que les spermatozoïdes meurent, mais pour ralentir leur activité grâce à l’usage d’un slip chauffant, ou en laine vierge. Toutefois, les résultats ne sont pas très fiables.
Une autre méthode de contraception réveille quelques angoisses : la chirurgie, qui s’associe au bistouri, à la découpe et à la crainte de la stérilité. La vasectomie existe, pour les deux sexes. En latin, « couper » les « vases » induit un acte chirurgical :
- anesthésie locale pour les hommes, contre anesthésie générale pour les femmes, en raison de l’accès plus ou moins facile aux systèmes reproducteurs respectifs ;
- 10 minutes pour les hommes, contre plusieurs heures pour les femmes ;
- réversible uniquement chez les hommes.
Les Français n’en étaient guère friands, mais les demandes de vasectomie se sont multipliées par quinze en douze ans.
Des médicaments ou des injections hormonales sont également disponibles ; néanmoins, les informations sont rares. Adressez-vous à votre médecin traitant ou à votre pharmacien/ne.
Enfin, le préservatif reste quand même la meilleure méthode si l’on change de partenaire(s). C’est pourquoi certains préservatifs, pour hommes comme pour femmes, sont pris en charge à 100 % sans prescription médicale et sans condition d’âge. D’autres peuvent être pris en charge par la mutuelle ou distribués dans un centre de santé sexuelle ou un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).
Pour autant, depuis mai 2026, la presse s’est fait l’écho d’une toute nouvelle forme de contraception mécanique masculine : un stérilet masculin, le STEOM, créé au CHU de Lille avec une entreprise lilloise. Il pourrait permettre des poses à partir de 2033, le temps de passer les tests et les réglementations européennes d’usage.
Le système durerait trois ans, serait facilement réversible et peu douloureux : une anesthésie locale permettrait une incision d’un centimètre sous le scrotum, sans hormones donc, afin d’éviter les effets secondaires. Le brevet a été déposé en 2025, mais restent les essais cliniques pour tester son innocuité et son efficacité, car il ne faudrait nuire ni à la fertilité, ni à la libido, ni à la sexualité.
En fait, comme pour la vasectomie, une dérivation est mise en place au niveau des canaux déférents (qui transportent les spermatozoïdes) et renvoie le sperme dans le scrotum, où il sera réabsorbé par l’organisme. Une autre option dont le prix est, pour l’heure, inconnu.